Un écovillage en Allemagne

Implémenter des avancées sociales dans une oasis : l’histoire de Sieben Linden

Dans de nombreux projets d’oasis ou d’écovillages, les membres souhaitent diversité et mixité intergénérationnelle et sociale. Mais la solidarité à mettre en œuvre envers les jeunes, les anciens ou les démunis ne survit pas toujours à la réalité économique des membres de ces projets. Voyons comment Sieben Linden, un écovillage composé de 148 membres fondé en 1987 dans l’ex-Allemagne de l’est a abordé ces questions.

L’idée d’une mise en commun des revenus et d’un repartage suivant les besoins dynamiques de chacun a été questionnée longuement durant les premières années de la communauté. Mais les membres fondateurs n’ont jamais réussi à parvenir à un accord. Maintenant, les membres de cette communauté, des entrepreneurs individuels pour la moitié, des travailleurs à temps partiel pour le centre d’accueil ou la coopérative agricole pour l’autre moitié, n’imaginent plus du tout qu’un partage commun puisse être possible.

Le statut des retraités constitue un sujet délicat non résolu à ce jour. Comment permettre à ceux qui ont parfois donné beaucoup de temps bénévole pour fonder cette communauté – et se retrouve avec une faible retraite – de passer de doux jours dans leur communauté ? Une première proposition de prise en charge commune des retraites a été rejetée il y a deux ans. Mais face au vieillissement des premiers membres de la communauté, le risque de perdre la sagesse et l’expérience des anciens les moins nantis constitue une réalité peu souhaitable. Cela arrive dans d’autres projets. Les habitants de l’écovillage ont donc décidé de se réunir pendant 4 jours pour traiter à nouveau ce sujet en profondeur tous ensemble.

Inversement, la décision de prendre en charge la nourriture des enfants fût accueilli et célébré par tous dans les 2 ans après leur création.

Aujourd’hui, chaque adulte paie un forfait de 60 euros pour la nourriture et 6,70 euros par jour où il utilise le garde-manger commun ou le restaurant collectif. De ces 60 euros, 35 euros servent à financer la nourriture des 48 enfants de l’écovillage. Ainsi une femme seule avec ces deux enfants paiera 60 euros et 6 euros 70 par jour, tout comme un adulte célibataire.

Un couple de physiciens qui gagnent très bien leur vie et leurs trois enfants sont venus s’installer il y a 2 ans. Des couples sans enfants avec beaucoup moins de revenus sont donc solidaires de la nourriture consommée par leurs enfants. Certains de ces couples avec des revenus très bas ont grincé des dents, mais « cette avancée sociale est tellement ancrée dans l’histoire de la communauté, que la remise en cause s’est vite arrêtée » témoigne Eva, une des cofondatrices de l’écovillage.

La conclusion d’Eva est sans appel : « Implémentez vos avancées sociales le plus tôt possible, cela devient alors une partie de la culture de la communauté qui est très difficilement remise en cause. Il est plus facile de commencer serré quitte à ouvrir ensuite, que l’inverse. »

Au sein d’Oasisdici, une intention forte d’ouverture sociale et intergénérationnelle est présente. L’enjeu me semble donc de résider dans notre courage à prendre des décisions impliquantes dans les mois et premières années à venir…

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