Sadhana Forest

AUROVILLE

Sadhana Forest

Lors de notre voyage à Auroville avec Marianne en janvier dernier, la visite de Sadhana Forest, une communauté singulière, m’a particulièrement enthousiasmé. Pour la première fois, j’ai vu le contact de l’homme bénéfique pour son environnement direct : la végétation est plus présente au contact de l’homme qu’à sa périphérie. Une « vivance »  s’en dégage. Un premier exemple d’une potentialité dont je rêvais sans même oser y croire.

Fondé en 2003 au sein de cette communauté de 2 400 membres, un couple souhaitant vivre au contact de la nature a occupé 4 ha de terre aride, un désert au milieu du Tamil Nadou, à quelques kilomètres du centre d’Auroville. Avec une envie simple : reforester !

Ils commencèrent comme la plupart d’entre nous s’y prendrait pour reforester : par replanter des arbres. Logique, non ? Et bien non… La terre très aride et dénuée de sol laissait filer 95% de l’eau d’arrosage immédiatement. Les racines des arbres ne pouvaient développer une force suffisante pour pénétrer cette terre sèche, dure et compacte pour atteindre l’eau souterraine.

Ils ont développé un ensemble d’astuces pour limiter les besoins en eau : ils régénèrent le sol à partir de compost, et développent une technique de replantage appropriée qui a permis de diminuer par 40 les besoins en arrosage des arbres et donc en force de travail, avec une efficience accrue !

Tout dans cette communauté est dédié à leur mission. La consommation d’eau est limitée au maximum : l’eau n’est volontairement disponible qu’à une pompe mécanique, ce qui permet de se rendre compte de l’énergie nécessaire pour utiliser l’eau souhaitée.

Aucun salaire n’est versé : « reforester » est pour eux une pratique spirituelle, Sadanah signifiant « pratique spirituelle ». Tous les dons récoltés sont donc utilisés pour cette mission. Tous les membres de la communauté, bénévoles donc, paient une somme pour leur nourriture et logement. La communauté compte aujourd’hui 250 membres, des bénévoles de tous pays viennent partager, des étudiants effectuent des campagnes de crowdfunding pour financer leur séjour à Sadanah, allant de quelques jours à un an. C’est une réussite : nappes phréatiques +1m par an. 2 lacs superficiels, une jungle luxuriante.

Aujourd’hui leur expertise et réalisation sont telles qu’ils interviennent dans deux autres pays : à Haiti et au Kenya. A celui de la reforestation, s’ajoute l’enjeu de la nourriture. Les équipes se lancent donc dans la replantation de forêts nourricières avec un objectif simple : apporter une autonomie alimentaire et de l’eau salubre à 4 000 Samburus au Kenya par exemple.

Tout est tourné vers le respect de la nature : dépenser le moins d’eau possible, en garder un maximum pour les plantes.

Dans notre région qui nous le savons va être marquée par les changements climatiques, certains de leurs savoirs nous seront sans aucun doute précieux !

Yann

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